Demain, tous indépendants ? …ou pas !

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Le travail fait sa révolution ! Vous êtes de plus en plus nombreux à faire du télétravail, à aller dans des coworking et… à vous lancer à votre compte. Pourquoi une telle hausse du nombre d’indépendants & freelances et comment cela va-t-il évoluer ?

« Finis les heures de pointe dans le métro ou les embouteillages matinaux. Depuis que les horaires de bureaux ont été abolis, chacun vit et travaille au rythme de son horloge interne. D’ailleurs le concept-même de bureau a bien changé. Il est devenu “flex” (flex-office) et le télé-travail est très commun. Une multitude de cafés, tiers-lieux et espaces de coworking avec leurs propres CE (Communautés d’Entraides) ont été ouverts un peu partout. Et ici, on est une grande majorité à avoir obtenu un CDI (Contrat D’Indépendance). Ce qui nous motive le plus chaque jour ? Être libre, travailler sur ce qu’on aime et apporter du sens ! ».

Et si cette vision du monde n’était pas si utopique que ça ? Avec un boom de 126% du nombre de freelances en 10 ans*, on est en train d’assister à une vraie révolution. L’indépendance devient le nouveau Graal et certains parlent même de la fin du salariat. Mais que faut-il penser de tout ça ? Une analyse simple pour mieux comprendre ce que chacun de vous fera… demain !

[💥BONUS en fin d’article : les chiffres & définitions-clé à connaître sur le monde des indépendants ]

Le jour où tout a commencé…

Si l’on avait su qu’un simple ordinateur allait provoquer un tel phénomène de société ! Le boom du numérique des années 2000s aura marqué le retour en force des indépendants, aidé par la création du statut “auto-entrepreneur” en 2008. Il devient plus facile et moins risqué de se lancer, de tester des projets. Une vraie opportunité que saisissent tous les “entrepreneurs dans l’âme” pour se mettre à leur compte ! En 2017, l’Insee comptait 2.8 millions d’indépendants dont 830 000 freelances* (ou iPros) et cette population augmente 10 fois plus vite que la population salariée (+25% en France depuis 2003). La Commission européenne estime même qu’en 2030, la moitié des travailleurs de l’Union Européenne sera indépendante… (cf. étude Alptis – Futuribles sur l’avenir du travail indépendant).

Je suis free donc je suis

Mais alors pourquoi le freelancing attire-t-il autant ? 88%* des freelances le sont par choix et seulement 4%* souhaiteraient retourner vers le salariat. Ces chiffres révèlent un profond changement de mentalités et l’éclosion d’une nouvelle génération de travailleurs à l’ère du numérique. Le travail n’est plus seulement vu comme un “gagne-pain” mais comme un moyen à part entière de s’affirmer et de s’épanouir. N’y passe-t-on pas la grande majorité de sa vie ? (80 000 heures en moyenne !). Alors le freelance est prêt à prendre des risques, à renoncer à la stabilité du CDI, pour être plus libre et remettre de la passion dans son métier. Chacun crée alors son propre “lifestyle”, travaille où il veut (cf. les Digital Nomads, espaces de coworking comme Hubsy) et à son rythme, du moment qu’il fait ce qu’il aime et arrive à en vivre.

Tout n’est pas rose au pays des freelances…

À première vue, cette nouvelle approche du travail semble idéale. Créer LE job qui nous correspond, qui n’en a pas rêvé ? Alors oui, même si le travail en indépendant comporte de nombreux avantages, il a aussi son lot de difficultés. 87%* des freelances ne se sentent pas pris en considération dans le débat économique et politique. Sur les sujets de l’accès au logement, des prêts bancaires, de la sécurité sociale ou des droits au chômage, de nombreuses questions restent encore en suspens. Leur quotidien est aussi marqué par l’instabilité financière, la concurrence, la solitude, le blurring (effacement de la frontière vie privée / vie professionnelle), etc. Un mode de vie qui doit donc être assumé pleinement. Voilà pourquoi être indépendant c’est avant tout un état d’esprit, qu’on a… ou pas !

Demain, PAS tous freelances !

Si l’on parle tant du freelancing ces dernières années, c’est parce qu’il connaît un essor sans précédent, notamment dans certains secteurs-clés comme l’informatique. Pour autant, le salariat reste majoritaire (88.2% selon Xerfi Canal). Nous ne sommes donc pas encore prêts à laisser tomber le CDI ! La raison ? Le freelancing ne correspond pas à tout le monde ! Si pour certains bonheur rime avec liberté, pour d’autres il rime avec stabilité. On assiste alors plutôt à une pluralité d’approches concernant le travail. Ceux qui ont besoin de cadre restent fidèles au salariat. Toutefois, ils sont de plus en plus nombreux à lancer des projets en parallèle, au sein de leur entreprise (intrapreneuriat) ou en externe les soirs et week-end (slasheurs). Ainsi, c’est plutôt l’organisation-même de l’entreprise qui va évoluer pour composer au mieux avec cette diversité de profils !

D’ailleurs saviez-vous que la loi sur le télé-travail a changé (cf. ordonnance N°2017-1347) ? Elle simplifie les démarches en entreprise et encadre mieux les conditions de travail des salariés le pratiquant ! Un pas de plus vers l’évolution du salariat. Travailler à distance, fréquenter des espaces de coworking comme Hubsy : qui sait, cela vous mènera peut-être vous aussi vers le chemin de l’indépendance.. ou pas !

 

 *Source principale : La seconde étude sur le freelancing réalisée en 2018 par la plateforme Malt (anciennement Hopwork) et le collectif de freelances OuiShare auprès d’une communauté de plus de 1 000 freelances.

💥 BONUS! «Le saviez-vous ?»

Chiffres à connaître

  • 2.8 millions d’indépendants en France en 2017 (10% de la population active)
  • dont 830 000 freelances (ou Ipros)
  • 1 million d’auto-entrepreneurs en France fin 2015 (328 000 en 2009)
  • 40% des auto-entrepreneurs sont des iPros en 2017
  • 9 400 startups en France en 2017
  • 35% de la population active aux Etats-Unis est en indépendant

Définitions-clés

  • Indépendants : Travailleurs non salariés, sans lien de subordination juridique –> agriculteurs, artisans, professions libérales, intermittents, freelance…
  • Freelances / iPros : Travailleurs indépendants qualifiés exerçant une activité de service et/ou de prestation intellectuelle dans des secteurs ne relevant pas de l’agriculture, l’artisanat ou le commerce « Ils fournissent des services techniques, artistiques ou commerciaux externalisés par les organisations via une plateforme numérique ou directement » –> consultants, graphistes, designers, développeurs etc.)
  • Slasheurs : Travailleurs exerçant plusieurs activités (freelance + salarié mi-temps par exemple)